Droits de succession 2026 : barème, abattements et comment les réduire
Une question revient dans presque tous les rendez-vous patrimoniaux : combien l'État prélèvera-t-il quand je transmettrai ? Voici le barème 2026, les abattements réels, et les leviers qui font vraiment baisser la note.
Les droits de succession se calculent sur la part reçue par chaque héritier, après un abattement qui dépend du lien de parenté. En 2026, un parent transmet 100 000 € à chaque enfant sans droits, renouvelable tous les 15 ans, tandis que le conjoint et le partenaire de PACS sont totalement exonérés. Au-delà de l'abattement, un barème progressif s'applique, de 5 % à 45 % en ligne directe. Les collatéraux et les tiers paient beaucoup plus cher : 55 % pour un neveu, 60 % pour une personne sans lien de parenté. Cinq leviers légaux permettent de réduire ces droits : donation anticipée, démembrement, don familial, assurance-vie et abattement sur la résidence principale.
Comment se calculent les droits de succession
Le point le plus mal compris tient en une phrase : les droits de succession ne portent pas sur le patrimoine total du défunt, mais sur la part nette reçue par chaque héritier. Le calcul se fait en trois temps. On détermine d'abord la part qui revient à l'héritier. On en retire ensuite l'abattement lié à son lien de parenté. On applique enfin le barème progressif sur ce qui reste.
Cette logique par héritier a une conséquence directe : plus la transmission est répartie entre de nombreux bénéficiaires proches, plus la facture globale baisse, puisque chacun profite de son propre abattement et repart au bas du barème.
Les abattements 2026 : qui a droit à quoi
L'abattement est la somme qui échappe totalement à l'impôt avant tout calcul. Il dépend uniquement du lien avec le défunt, et se reconstitue tous les 15 ans lorsqu'il a été entamé par une donation.
| Lien avec le défunt | Abattement |
|---|---|
| Conjoint / partenaire de PACS | Exonération totale |
| Enfant / parent (ligne directe) | 100 000 € |
| Petit-enfant | 1 594 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Personne en situation de handicap | + 159 325 € (cumulable) |
| Autre / à défaut | 1 594 € |
Sources : service-public.fr et BOFiP (articles 779 et suivants du Code général des impôts), barème 2026. L'abattement de 1 594 € pour le petit-enfant vaut hors représentation d'un parent prédécédé.
Deux chiffres méritent d'être retenus. Le premier : le conjoint et le partenaire de PACS ne paient rien, grâce à la loi TEPA de 2007. Le second : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfantse recharge tous les 15 ans, ce qui transforme le temps en outil de transmission dès qu'on anticipe.
Le barème progressif en ligne directe
Une fois l'abattement déduit, le solde est taxé par tranches. Voici le barème 2026 applicable aux enfants et aux parents.
| Part taxable après abattement | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Source : article 777 du Code général des impôts, barème 2026 en ligne directe.
Un enfant hérite de 300 000 €. On retire l'abattement de 100 000 €, il reste 200 000 €taxables. On applique alors le barème par tranches : 5 % sur les 8 072 premiers euros, 10 % sur la tranche suivante, et ainsi de suite jusqu'à 20 % sur la fraction au-delà de 15 932 €. Le total des droits ressort autour de 38 200 €. Cet enfant conserve donc environ 261 800 € sur les 300 000 € reçus.
Frères, neveux, tiers : là où la facture explose
Le barème en ligne directe reste supportable. Hors ligne directe, il change radicalement de nature. Un frère ou une sœurest taxé à 35 % jusqu'à 24 430 €, puis à 45 % au-delà, après un abattement de 15 932 €. Un neveu ou une nièce subit un taux unique de 55 %, après un abattement de 7 967 €. Et une personne sans lien de parenté, comme un concubin ou un ami, est taxée à 60 %sur la quasi-totalité de ce qu'elle reçoit.
C'est là que l'anticipation prend tout son sens. Transmettre 100 000 € à un ami au décès laisse environ 40 000 € après impôt. Le même objectif atteint par d'autres canaux, l'assurance-vie en particulier, change complètement le résultat.
Cinq leviers pour réduire les droits de succession
Réduire des droits de succession ne se fait pas au moment du décès, mais bien avant. Voici les cinq leviers les plus efficaces, du plus simple au plus technique.
Donner de son vivant recharge l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants transmet ainsi 400 000 € en franchise, puis 400 000 € de plus quinze ans plus tard. Le seul vrai levier de masse, mais il exige d'anticiper tôt.
L'article 790 G du CGI ajoute un abattement spécifique de 31 865 € pour un don d'argent d'un parent, grand-parent ou arrière-grand-parent de moins de 80 ans à un descendant majeur. Il se cumule avec l'abattement de 100 000 €.
En donnant la nue-propriété et en gardant l'usufruit (les revenus) sa vie durant, on ne taxe qu'une fraction de la valeur du bien, calculée selon l'âge du donateur par le barème de l'article 669 du CGI. Au décès, l'usufruit s'éteint et rejoint la nue-propriété sans droits supplémentaires.
Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € hors succession, quasiment quel que soit son lien de parenté (article 990 I). C'est le canal le plus puissant pour transmettre à un tiers, un concubin ou un neveu.
La valeur de la résidence principale du défunt bénéficie d'un abattement de 20 % pour le calcul des droits, sous conditions d'occupation par le conjoint, le partenaire de PACS ou les enfants. Un allègement automatique souvent oublié.
Ces leviers se combinent. La vraie optimisation ne consiste jamais à en choisir un, mais à les empiler dans le bon ordre et au bon moment. C'est exactement ce qui se chiffre en organisant sa transmission plutôt qu'en la subissant.
Où les SCPI entrent en jeu
Les parts de SCPI se transmettent au même barème que le reste du patrimoine : aucun régime de faveur. Leur avantage est ailleurs, dans leur souplesse. Là où un appartement forme un bloc indivisible, un patrimoine en parts se découpe au nombre de parts près. On donne exactement de quoi remplir l'abattement de 100 000 €, sans découper un immeuble ni créer d'indivision entre les héritiers.
Deux montages ressortent. La donation de la nue-propriété des partsapplique la décote de l'article 669 selon l'âge du donateur, tout en lui laissant les loyers à vie. Et loger des SCPI dans une assurance-vie fait bénéficier les parts de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, hors succession. Pour aller plus loin, notre guide sur le démembrement de SCPI détaille le barème et les durées, et le simulateur de démembrement chiffre la décote sur votre propre situation.
Avant tout montage, encore faut-il choisir des SCPI solides et bien valorisées : notre observatoire des mouvements du marché suit les prix, les décotes et les revalorisations, mois après mois.
Questions fréquentes
Quel est l'abattement sur les droits de succession en 2026 ?+
En ligne directe, chaque parent transmet jusqu'à 100 000 € à chaque enfant sans droits de succession, et cet abattement se reconstitue tous les 15 ans (service-public.fr). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés depuis la loi TEPA de 2007. Les autres abattements 2026 : 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un neveu ou une nièce, 1 594 € pour un petit-enfant, et 159 325 € supplémentaires et cumulables pour une personne en situation de handicap.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?+
Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint marié survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant transmis. Attention, cette exonération ne vaut que pour la succession : le concubin, lui, est traité comme un tiers et taxé à 60 %. Le PACS ou le mariage change donc tout au décès.
Comment calculer les droits de succession en ligne directe ?+
On retire d'abord l'abattement de 100 000 € de la part reçue par l'enfant, puis on applique le barème progressif 2026 sur le solde : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % de 8 072 à 12 109 €, 15 % de 12 109 à 15 932 €, 20 % de 15 932 à 552 324 €, 30 % de 552 324 à 902 838 €, 40 % de 902 838 à 1 805 677 €, et 45 % au-delà. Un enfant qui reçoit 300 000 € est donc taxé sur 200 000 €, pour environ 38 200 € de droits.
Comment réduire légalement les droits de succession ?+
Cinq leviers principaux : la donation anticipée, qui recharge l'abattement de 100 000 € tous les 15 ans ; le don familial de somme d'argent, qui ajoute 31 865 € en franchise (article 790 G du CGI) ; la donation de la nue-propriété, qui ne taxe qu'une fraction de la valeur selon l'âge du donateur (barème de l'article 669 du CGI) ; l'assurance-vie, qui transmet 152 500 € par bénéficiaire hors succession pour les versements avant 70 ans (article 990 I) ; et l'abattement de 20 % sur la résidence principale. Le point commun : ils supposent d'anticiper.
Les parts de SCPI sont-elles soumises aux droits de succession ?+
Oui, les parts de SCPI entrent dans la succession et suivent exactement le même barème que le reste du patrimoine. Leur intérêt tient à leur souplesse de transmission : divisibles au nombre de parts près, elles se donnent facilement en nue-propriété avec une décote liée à l'âge, ou se logent en assurance-vie pour bénéficier de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. C'est ce qui en fait un outil de transmission, et pas seulement un placement de rendement.
Le bon montage dépend de votre âge, du nombre d'héritiers, de vos besoins de revenus et de ce que vous avez déjà donné. Ces paramètres se chiffrent, et le résultat change du tout au tout d'une situation à l'autre. Un échange de trente minutes suffit à voir ce qui s'applique à vous.
Prendre rendez-vous, gratuit et sans engagement →
Sources et avertissement— Abattements et barème des droits de succession 2026 : service-public.fr, impots.gouv.fr et BOFiP (articles 777, 779, 669, 790 G et 990 I du Code général des impôts). Exonération du conjoint et du partenaire de PACS : loi TEPA du 21 août 2007. Les montants et les taux sont ceux en vigueur en août 2026 ; vérifiez toujours les valeurs applicables au jour de la transmission, la loi de finances pouvant les faire évoluer. Cet article est une analyse d'information à portée générale et ne constitue pas un conseil personnalisé en gestion de patrimoine. Les SCPI sont un placement de long terme : le capital et les revenus ne sont pas garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.